[Interview] Journal d’un forgeron confiné : Bosset Motoculture SARL + UCAI Gueugnon

Alors que la France est confinée et que le football est à l’arrêt, Piero a pris son micro pour interviewer l’un des partenaires du FC Gueugnon : Jérôme Bosset de l’entreprise Bosset Motoculture SARL et président le UCAI Gueugnon.

 

micro interview

 

Piero : Bonjour Jérôme Bosset, comment vivez-vous cette période de confinement en tant que commerçant et artisan ?
Jérôme Bosset : « Au tout début de cette période, j’ai mis près d’une semaine à digérer la chose quand il a fallu fermer la porte de l’atelier et du magasin. Cela a été très dur et j’en avais même perdu 4 kg ! Je n’avais pratiquement plus le moral et j’étais prêt à me dire “on s’en va, on ferme la porte et on va faire autre chose…“. »

 

Concrètement, comment s’est passée cette période ?
« Je venais dans la boutique complètement fermée car j’avais quand même du travail en cours : de la mécanique à faire, des entretiens qui étaient là, des machines en attente d’être réparées… Mais avec le rideau baissé la première semaine. Pas de contact avec personne, c’était à devenir fou ! Dans ce contexte je travaillais sans gout et sans envie avec une vraie chape de plomb au dessus de la tête et avec l’impératif de payer les fournisseurs alors que rien ne rentre… On sent tout de suite ce qui va nous tomber sur le museau dans les mois à venir… »

 

Et comment les choses ont évolué depuis ?
« Après ce premier mois compliqué, on a pu remettre un peu en route la machine et on nous a autorisé à rouvrir la partie bricolage sous condition. J’ai donc ré-ouvert la devanture et j’ai mis une affiche avec mon numéro afin d’avoir les gens par téléphone. Accueil à l’extérieur, désinfection des machines à la javel… Je respectais les distance et ne laissais rentrer personne… Pendant 15 jours ça a été comme ça. »

 

Concrètement, cela représente quel pourcentage d’activité par rapport à une période normale ?
« Pas grand-chose hélas, cela représente une activité d’à peine 25 % en terme économique par rapport à l’an dernier sur la même période. La perte est énorme. »

 

Et maintenant, quel sont les attentes après le 11 mai, date annoncée du déconfinement ?
« Nous allons ré-ouvrir. Nous sommes déjà rouvert au 3/4 et les gens peuvent désormais rentrer dans la boutique sur une petite surface qu’il leur est dédiée. J’ai confiné et mis des vitres sur la banque pour nous séparer des clients. »

 

Depuis combien d’années l’enseigne Bosset Motoculture SARL existe ? Quelles sont vos activités et évoluent-elles ?
« Il y bien 35 ans que l’enseigne existe et le métier évolue ! Il est train de muter depuis environ 4 ans et est en train de se transformer à toute vitesse. Nous avons de plus en plus de matériel électrique et robots. Il y a désormais une grosse emprise du matériel électrique, ce n’est plus la même mécanique, ce n’est plus le même matériel… L’électrique, c’est un autre métier ! »

 

Vous proposez même des vélos électriques ! Cela fait partie de l’évolution aussi ?
« C’est surtout pour pallier à la sécheresse car avec 2 sécheresses d’affilée, il a fallu essayer de se diversifier surtout sur la période juillet-août ou l’on avait traditionnellement moins d’intervention… Donc oui, on propose des vélos électriques, ça me plaisait l’idée ! »

 

Et cette offre fonctionne bien ? Qu’est ce que cela donne en terme d’autonomie par exemple ? 
« Oui, cela marche super bien ! Je n’ai pas l’intention de faire une offre pour les professionnels ou les pointus du vélo mais c’est idéal pour le client lambda en balades ou pour aller au travail.  Je fais 2 marques : KTM et Lapierre et sur la fourchette des vélos que j’ai vendu, on est sur la fourchette de 90 à 100 km d’autonomie. Ce ne sont pas comme des mobylettes, c’est à dire qu’ils ne démarrent pas tout seuls mais à partir du moment où l’on pédale, on sent qu’on est aidé dans notre progression. C’est de l’assistance. On pourrait avoir des vélos avec plus d’autonomie mais le prix n’est plus le même. Le panier moyen vélo vendu est de 2500 euros. »

 

Vous êtes également le président de l’Union Commerciale, Artisanale et Industrielle Gueugnon, pourriez-vous nous la présenter cette UCAI ?
« Nous avons une soixantaine d’adhérents aujourd’hui. L’UCAI est composée surtout de commerçants même si je pensais attirer plus d’artisans que cela. Cela n’est pas évident car ce sont 2 corporations qui n’arrivent pas trop à se marier… On a quelques artisans qui nous suivent et on a instauré pour eux une cotisation de soutien, pas une cotisation pleine, de manière à être solidaires avec les commerçants. Un artisan attend moins d’une association comme la nôtre alors qu’un commerçant est intéressé car cela lui amène du flux et une clientèle. 30 % de nos adhérents sont dans la catégorie cotisation de soutien et les banques aussi nous suivent grâce à cette formule ! »

Les activités de l’UCAI ont été freinées vu le contexte ?
« Oui, il n’y a absolument plus rien… Il n’y a pas eu de braderie le 1er mai, ni de vide-grenier… Pourtant, on avait réussi l’an dernier à ramener du monde ! Concernant les estivales gourmandes, même si ce n’est pas officiel, je ne pense pas qu’ils seront reconduites en août. Nous avions un bal aussi de prévu avec nos jeunes et nos miss pour la fin de l’été ou début d’automne… Cela tombé à l’eau aussi… De plus, on ne sait pas ce que les autorités vont faire de nous et j’ai peur de prévoir des choses et qu’au dernier moment, on nous dise que ce n’est plus possible ! »

 

Sur le plan économique cela doit être compliqué…. Avez-vous des infos sur cette situation ? Y-a-t-il des risques de fermetures ?
« Moi j’ai la chance d’avoir un métier où l’on a besoin de moi pour l’entretien ou pour réparer. Les commerçants eux n’ont pas d’alternative… Je ne peux pas tous les appeler car je n’aurais pas le temps mais j’ai beaucoup d’informations qui arrivent de la Chambre de Commerce et que je transmets pour que chacun gère avec ce dont il a besoin. On a eu quelques tensions à gérer entre certaines corporations… De ma vision, pour l’instant on nous aide avec des reports de charges. Les banques nous aident aussi avec des reports d’emprunts. Par contre, quand tout cela va redémarrer alors oui, je reste persuadé qu’il pourrait y avoir des grosses difficultés vers le mois de septembre/octobre. »

 

Comment voyez-vous la sortie du confinement ?
« J’ai vu via Facebook qu’il y avait pas de mal de commerçants qui annonçaient leur réouverture, annonçaient des choses, étalaient leur horaires d’ouverture avec une plus grande amplitude… Les gens vont s’adapter et ils pensent déjà comment ils vont gérer et préparer cette réouverture. Moi je vais simplement remettre du matériel devant la porte. Je suis déjà reparti en quelque sorte mais toujours dans le respect des gestes barrières strictes. J’ai une visière, des gants et je conseille aux commerçants de se protéger. Il faudra aussi gérer le flux des clients pour ne pas être débordés mais on sera accompagné par les services municipaux, la police municipale pour aider à la mise en place aux gestes barrières et tout ce qu’il faut faire avec les clients. »

 

Parlons maintenant du FCG. C’est un partenariat qui est assez vieux ! Pourquoi avoir soutenu ce club ?
« On peut dire que c’est plus qu’un partenariat avec une entreprise, ce sont des amis maintenant. On fait partie de la même équipe ! Il y a des entreprises comme ça qui donnent un petit coup de main au club. Moi cela remonte à l’année de la relégation où le FCG avait demandé d’aider à sa relance par le mécénat… Je crois bien que c’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à sponsoriser le FCG et je me rappelle que pour moi, cela représentait une belle somme ! »

 

Avez-vous eu un passé de footballeur ?
«  Pas du tout mais mon épouse avait un fort passé de football avec Henri Boitout qui d’ailleurs, avait été très heureux que je m’associe au club à ce moment là… »

 

Comment expliquer ce partenariat qui a perduré depuis avec le FCG ?
« Tout d’abord, c’était pour l’aider à se relancer. C’est une entreprise locale comme une autre et j’avais la possibilité de donner un petit coup de main à ce moment-là. Le FCG est plus convivial et beaucoup plus à notre échelle qu’avant. »

 

Le club est-il toujours important pour le rayonnement de la ville de Gueugnon ?
« Oui ! J’ai souvent des représentants commerciaux qui passent à la boutique et qui me parlent du FC Gueugnon. C’est resté et c’est quand même une vitrine importante. »

 

Le FCG a joué les premiers rôles cette saison ! Appréciez-vous cela en tant que sponsor du club ?
« Je dirais que pour nous, c’est un retour sur investissement et ça nous fait valoir en même temps. C’est une satisfaction de voir que les jeunes sur le terrain mouillent le maillot ! On croit en nos dirigeants au FCG et on voit que derrière, il se passe quelque chose et cela fait d’autant plaisir de lâcher de l’argent quand il y a des résultats. »

 

Et que pensez-vous du départ d’un joueur clé au mercato d’hiver comme cela a été le cas cette saison ?
« J’ai du mal à comprendre que l’on puisse partir à mi-chemin quand on a un contrat… Il n’y a pas la reconnaissance du joueur qui s’en va pour des raisons financières et c’est décevant quand même… On comptait aussi sur ce joueur au sein de l’équipe et puis du jour au lendemain il nous quitte… »

 

Votre avis sur cette saison qui s’arrête brusquement alors qu’il restait encore 8 matchs ?
« Il faut savoir se satisfaire et dans ce cas de figure, c’est une obligation. Une 2ème place, c’est très bien même si cela ne tient qu’à peu de choses comme cette défaite concédée contre Auxerre… C’est ça le sport. »

 

Comment avez-vous jugé cette équipe version 2019-2020 ?
« Elle était plaisante, on n’avait pas le même sentiment que quelques années en arrière : un 1/4 d’heure de jeu en première mi-temps et un petit 1/4 d’heure en 2ème… Cette saison on sentait qu’il y avait des joueurs qui avaient envie de jouer tout le match. »

 

Quel est votre meilleur moment avec le FCG ?
« Indéniablement le retour de la Coupe de la Ligue en 2000 avec le stade plein et où tout le monde était au stade. Cela donnait la chair de poule et on se disait il se passe de grandes choses à Gueugnon ! On était et on est fier d’être gueugnonnais. »

https://www.facebook.com/FCGueugnon/posts/10158510292892859

Que pensez-vous des soirées d’après matchs au club partenaires ?
« Les soirées d’après matchs me plaisent beaucoup ! Il y a la convivialité, c’est simple et on passe tout le temps de bonnes soirées… On échange avec les autres invités ou partenaires et j’aime voir passer à notre table les joueurs et le staff pour refaire le match. On peut échanger et les féliciter… On est juste heureux qu’ils soient avec nous. »

 

Et quel serait le souhait d’un partenaire comme vous pour la prochaine saison ?
« Moi, je souhaite qu’on puisse garder le même niveau d’équipe, garder les joueurs et ne pas régresser… Et au contraire monter ! C’est tout le mal que je souhaite à l’équipe. Économiquement, cela risque d’être compliqué mais ça sera le cas pour tout le monde. Toutes les équipes seront gênées et il ne faut pas partir perdants. On peut faire confiance à toute l’équipe qui entoure le président Bernard Canard. »

 

Enfin, en attendant la fin du confinement, quel message passeriez-vous ?
« La seule solution pour en sortir c’est de faire attention, de respecter les gestes barrières, être patient et d’avoir le moral… C’est une grosse partie du bien-être ! »

Merci à Piero et Jérome Bosset de l’entreprise Bosset Motoculture SARL et président de l’UCAI Gueugnon pour ces mots.
N’oubliez par de prendre soin de vous et de vos proches #ForgeronFamily !

 

> Retrouvez nos interviews et notre série “journal d’un forgeron confiné

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