[Interview] Entretien avec Jean-Luc Courtet

Le FC Gueugnon et Piero sont allés à la rencontre de Jean-Luc Courtet, coach du CA Pontarlier. Retrouvez cet entretien très intéressant qui permet d’avoir le ressenti d’un autre club de National 3 en cette période de crise sanitaire.

Piero : Bonjour Jean-Luc Courtet, comment vivez-vous cette période aux confins de la Bourgogne Franche-Comté ?
Jean-Luc Courtet : « Cette période n’est pas évidente. Nous avions mieux appréhendé le premier confinement car nous étions au mois de mars, et donc, en fin de saison. Je suis entraineur à temps complet au club donc ce second confinement est plus compliqué pour mon métier. Il n’y avait pas d’objectif en ce qui concerne la reprise des entrainements et des championnats à moyen terme, puis la Coupe de France nous a surpris ! Je ne voyais pas comment on pouvait reprendre la Coupe de France et on nous a appris qu’elle repartait 10 jours avant la reprise… Cela nous a tout de même donné un objectif. »

Cette reprise de la Coupe de France fut intéressante pour motiver le groupe ?
« Oui, c’était bien pour le club afin de repartir, d’avoir un petit objectif… On a gagné chez Valdahon-Vercel, un club logé à la même enseigne que nous. Par contre, on a vu la différence face à Fleury-Merogis qui joue en N2, avec 21 contrats fédéraux qui s’entrainent tous les jours ! On a fait le maximum et un match correct mais on fait la petite erreur qui nous a mis tout de suite en désavantage au bout de 10 minutes. »

Et l’absence de public doit être étrange…?
« Il y avait quand même un petit public mais nous qui sommes habitués à jouer devant 500 ou 600 personnes, ce n’est pas du tout pareil. Le public est un atout chez nous et il est vrai que cette Coupe de France n’a rien à voir… La Coupe de France, c’est le partage des émotions et on peut dire que jouer dans ces conditions c’est un manque. »

Remontons un peu dans le temps lorsque le CA Pontarlier accédait à la N2 il y a 2 ans. Beaucoup de clubs rêvent d’y accéder aussi mais, vous aviez dit lors d’une interview que “La N2 n’était pas en adéquation avec les moyens du CA Pontarlier”. Pourriez-vous nous éclairer ?
« En effet, lorsque nous étions en N2 dans la poule Sud avec des longs déplacements, nous partions le vendredi à 17 heures car tous nos joueurs travaillaient. Nous dormions sur Orange ou Montélimar le vendredi soir afin d’arriver le samedi avec nos 2 mini-bus. Après le match, on rentrait tard le samedi soir, voir le dimanche matin. Les joueurs retournaient au travail le lundi et n’avaient que 3 entraînements par semaine. Nous étions confrontés à des joueurs qui s’entrainent régulièrement et face à des clubs qui avaient 20 contrats fédéraux comme Fréjus… On a quand même tenu jusqu’à mi-février où nous n’étions pas encore relégables puis notre fin de saison a été très difficile parce que nos joueurs étaient tout simplement cuits… À Pontarlier, nous voulons faire du foot amateur car nous faisons un très gros travail de formation avec des jeunes en U19 nationaux et anciennement des U17 aussi. Le but de notre club est de faire jouer nos jeunes en équipe première et de les encadrer avec des joueurs chevronnés qui viennent pour une reconversion professionnelle.
Il faut savoir ce que l’on veut, et si on veut jouer en N2, il faut que cela passe obligatoirement par des contrats clubs afin d’avoir des joueurs qui ne sont que footballeurs. Si on prend le FC Gueugnon par exemple, ce n’est pas un club comme nous et je pense que le FCG est prêt comme l’était Louhans. »

Comment jugez-vous votre saison de l’an passé où le CAP a terminé 7e ?
« C’était un fin de génération et on a voulu récompenser nos anciens qui étaient pour quelques-uns en fin de carrière. Cela faisait 6 ou 7 ans que l’on faisait des 2e, 3e, 4e place en N3 et où on était toujours très proches du graal… Pour cette fin de génération, on a voulu garder le noyau et recruter dans le bassin parisien afin de se renforcer. Mais généralement, ces joueurs ne viennent pas avec la volonté de rester ou durer… Ils sont venus avec une approche autre, ce qui fait qu’on a fait une saison que je qualifierai de moyenne. »

Et vous avez rajeuni votre groupe cette saison ?
« Oui car cette saison, nous avons une très belle génération 2001. Actuellement, il y 4 joueurs qui ont déjà participé à des matchs du début de saison en N3 et qui sont performants. On se projette à long terme pour espérer revivre un truc sympa… Nous avons d’abord recruté 2 joueurs de Morteau : Jimmy Frossard et Julien Chapit et dernièrement, un joueur important en la personne de Mathieu Duféal bien connu en Saône-et-Loire (rires). Je suis vraiment satisfait de l’état d’esprit et je trouve que l’on a fait un bon début de saison avec 3 victoires, 1 nul et 1 défaite. C’est un bon démarrage mais maintenant, est ce qu’on va pouvoir repartir ? Et comment…? »

« Pour moi, il y a 3 clubs amateurs qui sont un peu au dessus des autres et qui se rapprochent du professionnalisme de par leur fonctionnement : le FC Gueugnon, le Racing Besançon, et désormais Jura Dolois qui se donne maintenant des ambitions. »

Justement, comment voyez-vous la suite du championnat et comment gérez-vous cette situation ?
« Je ne vois pas comment le championnat peut reprendre avant fin mars… Mais en attendant, j’espère qu’on nous donnera vite un objectif car nous avons des joueurs amateurs qui ont souvent beaucoup de raisons de ne pas venir à l’entrainement… Nos joueurs sont assez disciplinés chez nous mais sans objectif… Je pense qu’à Gueugnon, vous connaissez cette problématique de joueurs qui s’entrainent sans avoir de planning et d’objectifs sur les compétitions ? C’est tout de même compliqué. »

Et quel est la température de votre groupe en ce moment ?
« On a vécu ce regain d’intérêt qu’apporte la Coupe de France mais désormais avec l’élimination, nous allons voir et encore naviguer à vue… »

Peut-on faire un petit tour sur les forces en présence en N3 pour cette saison ?
« Pour moi, il y a 3 clubs amateurs qui sont un peu au dessus des autres et qui se rapprochent du professionnalisme de par leur fonctionnement : le FC Gueugnon, le Racing Besançon et désormais Jura Dolois qui se donne maintenant des ambitions. En terme de qualité, oui on peut y adjoindre le CA Pontarlier car on a toujours un rôle intéressant à jouer dans ce championnat. Après, je pense que si le championnat vient à reprendre, ça sera compliqué de se mesurer aux équipes qui s’entrainent. On l’a vu en coupe de France : le Racing Besançon a tenu la distance face à Jura Sud, Jura Dolois contre Cuiseaux-Louhans et il y également les réserves pros qui s’entrainent et jouent en amical ! Ce seront ces équipes là qui joueront le haut du tableau. »

Quelles sont vos ambitions finalement pour cette saison ?
« Si on a la chance de pouvoir reprendre et sur ce qu’on nous annonce, à savoir la fin des matchs aller et puis une poule de Play-Off, j’espère qu’on participera à ces Play-Off. »

Le FC Gueugnon a annoncé son désir et son ambition de jouer la montée en N2… Votre avis sur notre club ?
« Il y a toujours des joueurs super intéressants au FCG et à chaque fois, je trouve que cette équipe produit un beau jeu. De ce fait, je pense que oui le FCG peut ambitionner de monter plus haut cette année, si le championnat veut bien reprendre. »

Qu’aimeriez-vous rajouter en cette période compliquée pour tous ?
« J’aimerais bien que cette période se termine comme tout le monde… On souffre tous ! Il y des gens qui perdent des proches à cause de cette maladie… Et ce qui me fait encore plus peur, ce sont tous ces gens qui souffrent psychologiquement ! On est fait pour vivre ensemble, pour ce partage que l’on arrive plus à avoir. Au-delà de la maladie, je pense que l’impact va être dur sur plusieurs années.
On se pose aussi des questions pour le sport amateur qui perd beaucoup de licenciés. Pour l’instant, en terme de jeunes on craignait cela mais on s’aperçoit quand même que les gamins s’accrochent et sont fidèles ! Je pense que cela aura un impact chez les seniors et je crois que les clubs amateurs vont souffrir de cette période. Je souhaite qu’on reparte à nouveau et vite, afin de pratiquer notre sport favori et qu’on puisse partager un bon repas au siège du FC Gueugnon et boire une bonne bière avec Michel Berthommier, Guy Clopin, Philippe Correia et tous les autres forgerons… »

Merci Piero et Jean-Luc pour cet entretien !
(credit photo : LEquipe)

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