[Interview] Journal d’un forgeron confiné : Guy Clopin

Alors que la France est confinée et que le football est à l’arrêt, Piero a pris son micro pour interviewer nos forgerons !

 

micro interview

 

Piero : Guy, comment se passe tes journées « at home » ?
Guy Clopin : « D’une manière banale… Comme il fait beau, on fait de la tonte de pelouse, les travaux de printemps, désherbage… Je correspond avec le Président et toute la direction du club, le staff et les joueurs également mais sinon on s’occupe. »

 

Tu gardes sûrement tes activités administratives en télétravail… Peux-tu nous en dire un mot ? En quoi cela consiste ?
« Oui, télétravail sur tout ce qui est administratif ou relationnel avec les joueurs qui m’appellent pour différents problème et pour ce qui est de mes fonctions de coordinateur administratif. J’ai en charge la rédaction des contrats de travail, le suivi et l’élaboration de tout ce qui touche aux bulletins de salaires et sur le plan médical, de tout ce qui est arrêt de travail, suivi et contacts avec les administrations telles que la CPAM… Tout cela se fait sur internet ! Il y a aussi tout ce qui concerne notre cellule santé qui a été crée cette saison avec le Docteur Micorek et Serge Victor. On fait le lien avec les joueurs par téléphone ou par internet… »

 

Un mot également sur cette période de confinement. Comment la vis-tu ?
« Très mal dans la mesure où je suis quelqu’un de très émotif et très soucieux… Il y a une certaine angoisse qui fait que j’ai une inquiétude quant à l’évolution de cette pandémie… D’autant plus que je fais partie du public fragile. Il est difficile avec tout ce que l’on entend de se libérer l’esprit… »

 

Revenons au sportif, que retiens-tu de cette première partie du championnat ?
« La première période a été exceptionnelle jusqu’au match de Pontarlier, même si le match d’Auxerre a été un petit peu un tournant dans la saison parce que si on avait pu faire le nul ce qui aurait été logique. Notre défaite est un premier échec qui psychologiquement n’a pas trop touché les joueurs car on a rebondi très vite en allant gagner à Pontarlier. Après malheureusement, on a eu une période difficile avec un nul contre Sens, une défaite à Jura Dolois et une fin d’année assez difficile avec 2 grosses contre-performances… En janvier par contre, le redémarrage a été pas trop mal mais sur le plan comptable, on a perdu du terrain à cause de cette partie de championnat en dent de scie. Dommage parce que le groupe vit bien et il ne faudrait pas grand chose pour le faire basculer dans la confiance et la sérénité ! »

 

Comment expliques-tu ces “défaillances” que  l’on avait pas avant ?
« Sur le contenu des matchs, on ne peut pas leur reprocher grand-chose aux joueurs… Contre Dijon par exemple, il y a eu une défaillance collective durant 20 minutes et il manque derrière un petit quelque chose qui faisait la différence avant. Je pense que c’est avant tout un problème d’ordre collectif car si on prend des buts, c’est avant tout parce que chacun ne défend pas suffisamment bien. »

 

Si on essayait de se projeter sur la suite du championnat, comment verrais-tu cela ?
« Compte tenu du contexte et de ce qui se passe, je ne vois comment on pourra reprendre avant longtemps… Compte tenu aussi du fait qu’il faudra une mini reprise d’entrainement à rajouter pour les joueurs, si la reprise des entraînements était pour fin Avril, on pourrait envisager mi-mai…? Mais nous sommes dans l’inconnue et même si Philippe Correia leur a donné un programme approprié avec du footing leur permettant d’entretenir un peu le foncier, ça ne permet pas de jouer tout de suite. »

 

Pour toi, est-ce qu’une telle interruption du championnat ne peut pas changer la donne de l’ordre établi ? Peut-être psychologiquement ?
« Oui effectivement, pour des clubs comme nous ou les réserves pros habituées à s’entraîner 5 fois par semaine, on risque d’être avantagé par rapport à des équipes comme Besançon, Pontarlier et encore d’avantage pour les autres équipes comme Selongey, Sens avec des joueurs qui travaillent et qui s’entraînent après 18h. Un problème concerne aussi le renouvellement ou pas des contrats pour la saison suivante… Pour certains joueurs de certaines équipe, cela peut jouer sur le plan psychologique et physique… De plus, si on tarde au mois de juin, des jeunes joueurs risquent de partir… Il y a beaucoup d’incertitudes en ce moment avec toutes ces inconnues… »

 

En tant que dirigeant, comment vis-tu cette saison avec un FCG second du championnat ? C’est la première fois depuis le redémarrage du club en 2011 que, à 8 matchs de la fin, nous sommes toujours compétitif pour jouer la montée !
« La situation en effet est assez exceptionnelle depuis que je suis devenu dirigeant. On a toujours cet handicap de point mais notre situation est assez admirable. Je dirais que c’est la seconde saison consécutive car l’an passé, on a déjà fait une année de qualité. Avant on jouait plutôt le maintien mais dans un championnat beaucoup plus relevé avec des équipes de la région parisienne, d’Auvergne et du Lyonnais… Notons que depuis, nous sommes revenu à un championnat plus régional ! »

 

Que penses-tu du mercato d’hiver en N3 ?
« Je suis contre ce système de mercato d’hiver. C’est une catastrophe  qui peut fausser le championnat. Il faudrait savoir si ce sont des mouvements suite à des jokers, s’il y a des blessures. On devrait partir avec une équipe et qu’elle fasse une saison. »

 

Comment vois-tu en l’état actuel cette 2e partie de la saison ?
« On part dans l’inconnu dans la mesure où l’on ne connait pas la date de la reprise. On a jamais connu ça ! Va-t-on repartir avec le match qui a été annulé Besançon Foot ? Il y a beaucoup trop d’incertitudes et pour rappel, les contrats se terminent en juin… En clair et juste pour ces raisons contractuelles, il faudrait pouvoir reprendre le 15 avril pour pouvoir jouer ces 8 matchs avant fin juin…. »

 

Tu as repris d’autres fonctions, plus « municipales » cette fois ?
« Oui, j’ai été sollicité pour remplacer quelqu’un qui ne se représentait pas. En tant que retraité malgré que je sois déjà très occupé, je vais essayer d’apporter ma contribution à la vie de la ville, améliorer tout ce qu’on peut améliorer, c’est à dire l’attractivité de Gueugnon sur le plan économique si on veut parler au plan global. Et puis sur le plan sportif, je pourrais aussi faire part de mon expérience dans une commission sportive par exemple… »

 

Tu fais partie de ces anciens du FCG qui sont repartis avec le club actuel. Qu’est ce qui t’a motivé pour participer à la relance du club et avec quels objectifs ?
« Avec d’autres joueurs et quelques autres dirigeants, il a fallu se pencher sur la question de savoir si on faisait repartir le club… Nous étions alors une poignée de personnes mais pour faire quoi, quelles activités… Finalement l’objectif a été avoir une équipe première qui soit moteur et qui entraîne le club. En ce qui me concerne, grâce au FCG j’ai réussi ma carrière sportive, ma carrière professionnelle aussi en travaillant à mi-temps. C’est un juste retour que je me devais de rendre au club. C’est une petite ville où tout le monde se connait et quand on a vu l’état dans lequel le club se trouvait, on a décidé de se serrer les coudes pour essayer de repartir ! »

 

Quels sont tes meilleurs souvenirs footballistiques en tant que dirigeant à Gueugnon et à l’Olympique Lyonnais ? 
« En tant que dirigeant à Gueugnon, c’est surtout la montée en CFA2 ! En tant que footballeur azu FCG, c’est la saison exceptionnelle de 1979 avec notamment l’élimination du Grand Saint Etienne en coupe de France et le titre de champion de France de D2. Dans ma carrière à l’OL, c’est la finale hélas perdue en coupe de France. C’est 4 finales en fait : Gambardella, championnat de France Universitaire, une finale de la coupe de France cadet… Des moments exceptionnels ! »

 

Si tu avais un souhait à formuler dans la situation actuelle ?
« Nous vivons une crise sanitaire, ma première pensée est que l’on sorte de cette pandémie qui risque de s’alourdir avec une crise économique qui va avec ! Mon souhait est que l’on s’en sorte sans trop de mal… »

 

 

Merci à Piero et Guy pour ces mots.
N’oubliez par de prendre soin de vous et de vos proches #ForgeronFamily !

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