[Interview] Journal d’un forgeron confiné : Axel Drouhin

Alors que la France est confinée et que le football est à l’arrêt, Piero a pris son micro pour interviewer nos forgerons !

micro interview

Piero : Axel, que deviens-tu depuis l’arrêt du championnat et comment occupes-tu tes journées ?
Axel Drouhin : « J’essaie de réviser mes cours. J’ai mes partiels en distanciel qui vont arriver prochainement avec la FAC du Creusot. J’entrecoupe ça avec des travaux manuels dans le jardin de mes parents, j’essaie de les aider un peu. Sinon je joue à la PlayStation. Je vis dans la maison de mes parents avec une cour et un jardin à Plombières lès Dijon. »

 

Comment vont se dérouler tes partiels ?
« Je suis en STAPS en distanciel sur mon ordi sur un site web. On est un peu dans l’inconnu actuellement sur les examens mais j’essaie de réviser 1h30 à 2h par jour en prévision jusqu’à fin mai. J’essaie d’obtenir ma licence pour avoir une sécurité même si j’ai déjà le BAC. J’ai toujours voulu poursuivre mes études mais, j’ai aussi cette passion pour le foot et cette envie de progresser et d’aller le plus haut possible ! »

 

Qu’est ce qui t’a amené à jouer au foot ? Comment t’es venue cette passion ?
« C’est grâce à un ami à moi, lorsque l’on était en primaire. Il m’a demandé de venir au club du village à Plombières lès Dijon. J’ai toujours joué au foot hors club dans les parcs avec les amis. Avant ça, j’avais fait aussi un peu de judo… »

 

Pourrais-tu nous parler de tes débuts dans le foot jusqu’aux U19 Nationaux ?
« Au tout début, j’étais en école de foot à Plombières puis après j’ai rejoint Chenôve où j’ai fait 2 ans tout en m’entrainant avec le Dijon FCO. Le DFCO alors m’a proposé de les rejoindre et j’y suis rentré en sport étude. Une fois arrivé au lycée, j’ai dû quitter le DFCO et aller à l’ASPTT Dijon car le DFCO avait des équipes U17 Nationaux et U17 Interligues mais souhaitait supprimer le groupe Interligue dont je faisais partie. Ce sont eux qui m’ont d’ailleurs conseillé d’aller rejoindre l’ASPTT Dijon. »

 

Et comment s’est passée cette période à l’ASPTT Dijon ?
« C’est à l’ASPTT Dijon que je me suis révélé le plus je pense… Dès que je suis arrivé là bas, ils m’ont tout de suite mis à l’aise et ils m’ont vraiment donné beaucoup de temps de jeu. J’avais également le brassard de capitaine à la clef ! J’ai passé 4 années là-bas. L’avant dernière année, j’avais jonglé entre les seniors R1, les 18 R1 et en U19 Nationaux… Cela a été la meilleure saison de ma jeune carrière car nous avions un groupe qui faisait qu’à chaque déplacement, c’était comme partir en vacances (rires). C’était vraiment une super ambiance et une grande solidarité, nous étions comme des frères ! A chaque match, c’était comme aller à la guerre… On s’arrachait les uns pour les autres ! Cela m’a beaucoup marqué et nous avons beaucoup appris. »

 

Tu as toujours joué arrière central ?
« Non, c’est en arrivant à l’ASPTT que j’ai pris ce poste. Quand j’étais au DFCO j’étais latéral, à Chenôve j’étais numéro 10 et à Plombières, j’étais numéro 9 et buteur (rires). Le coach de l’ASPTT, Romain Lattron, m’a dit un jour “je te verrai bien défenseur central” et après, j’ai toujours évolué à ce poste là… Et en fait j’aime bien ce poste ! »

 

La transition a été naturelle lors de ton passage de U19 Nationaux à N3 ? Qu’est ce qui fait la différence ?
« La différence se fait sur le physique… C’est remarquable ! J’ai des amis en U19 Nationaux qui n’ont pas le gabarit de ce qu’on peut rencontrer en N3. Les impacts changent du tout au tout. En U19 Nat, je dirais que c’est technique mais plus “fougueux“, il y aura peut être plus d’erreurs mais il y aura plus de techniques de déplacements. En fait, en U19 cela va très vite ! Je me souviens d’équipes réserves pros qui étaient très rapides. »

 

Peux tu nous faire un premier bilan de toi au FCG ?
« Durant cette première année, j’ai été très bien accueilli. J’ai été motivé de suite de ce que j’ai pu voir… Dès le début j’ai eu une très bonne première impression sur les entraînements et les matchs amicaux. On est un club amateur mais en fait, j’ai senti que c’était plutôt un monde professionnel où l’on doit travailler. Pour ma part, je me suis mis dans cette optique travail-travail-travail… »

 

Comment analyses-tu le championnat ?
« Avec les matchs amicaux sans défaite, on a pris confiance et tout s’est enchainé en championnat. On a bien commencé à Montceau en championnat et cela nous a mis dans le bain tout de suite.  Durant notre série de victoires, on avait le niveau, on avait les performances, on était en forme. Après je pense qu’il y a eu une petite baisse et que cela a été dû à des blessures et peut être à un relâchement mental… On est plutôt sur du psychologique… Toutefois, faire une saison qu’avec des victoires c’est très rare et il fallait s’y attendre. On savait que cela allait arriver et on a essayé de repousser ce moment là le plus loin possible pour faire durer le plaisir ! »

 

Sur 18 matchs, tu as été “que” 16 fois titulaire à cause de ta blessure… As-tu le sentiment d’en être sorti plus renforcé et d’avoir progressé ?
« Oui complètement. Cela donne de la confiance d’avoir beaucoup de temps de jeu et cela permet de montrer des choses et personnellement, j’adore être efficace pour l’équipe et apporter tout ce que je peux à mon équipe. En plus, on a une bonne complicité avec les autres membres de l’équipe et de bon liens entre joueurs. Cela joue aussi je pense. »

 

Comment as-tu pris cet arrêt brutal du championnat ? Cela a dû être terrible à ce moment de la saison où vous sembliez être revenus à votre niveau ? Et à 8 matchs de la fin, il y avait toujours encore espoir même si le destin n’était plus entre nos mains…
« Ça a été dur car je revenais d’une blessure au coude et après une très grosse rééducation avec notre masseur, j’étais un peu dépité… J’avais fait un bon boulot pour au final ne pas jouer. C’est un peu une douche froide. Cela nous a mis la boule à la gorge dans l’équipe car on s’était dit qu’on aurait pu reprendre des points ici ou là… Il y a le gros match retour à Auxerre qu’on ne pourra pas jouer et c’est ce match là, qu’on ne pourra pas jouer, qui fait mal. Personnellement j’avais vraiment envie de le jouer. Auxerre termine à la première place donc félicitations à eux. C’est dommage que l’on n’ait pas pu se confronter à eux une seconde fois… »

 

Comment as-tu jugé cette équipe de l’AJ Auxerre avec qui on a rivalisé pour la montée ?
« Pour moi il n’y a pas photo, c’est une très bonne équipe avec beaucoup de bonnes individualités et ils arrivaient à mettre en forme cette qualité collectivement. Cela en faisait une très bonne équipe. »

 

Comment cela se passe désormais pour toi en attendant la nouvelle saison ?
« Je suis toujours dans le flou mais je fais et je ferai toujours du sport de toute façon. On va reprendre pour un nouveau championnat et je reprendrai un programme d’entraînement vraiment intensif après mes partielles fin mai. D’ici juin ou juillet, je serai à fond. »

 

Quelle est ta situation pour la saison prochaine ? Tu as toujours envie d’être forgeron afin de confirmer cette bonne saison ?
« Oui, j’aimerais continuer à Gueugnon tout en poursuivant mes études en STAPS. Je veux essayer de concilier les deux si possible. Avec les collègues, je pense que cela nous a appris beaucoup de choses et nous voulons continuer à mettre cela en place la saison prochaine. Mettre les mêmes ingrédients qu’en début de saison et avec cet arrêt brutal à cause du confinement, on aura certainement qu’une envie : celle de tout gagner car c’est un plaisir qui n’a pas assez duré. »

 

Axel, comment réagis-tu devant ce confinement ?
« Je le vis de manière mitigé, cela permet de me reposer un petit peu mais en soit le Covid-19… Je ne sais pas comment cela va se terminer et personne ne le sait. C’est beaucoup d’incertitude et peu de décisions prises à l’avance… On ne peut pas se projeter à l’avant, on n’a pas de dates précises pour se projeter et il y a beaucoup de doute encore… »

 

As-tu poursuivi l’entretien de ta forme en mode confiné ?
« Dans un premier temps je me suis reposé car j’avais des petites douleurs et c’était le moment de les soulager. Ensuite, j’ai fait un peu de musculation et un peu de cardio en vélo. On a une petite route très proche de chez moi qui m’a permis de “huiler” un peu le corps et les articulations. Enfin, j’ai fait appel à l’ancien préparateur physique que j’avais connu à l’ASPTT qui m’a fait un programme. »

 

Corresponds-tu toujours avec le club ?
« Je corresponds toujours avec les joueurs, les 2 coachs et avec Richard Trivino. Il y a eu un programme à suivre pour la période du confinement. »

 

As-tu un message à l’attention de tous ceux qui t’entourent dans la vie de tous les jours ?
« Ce que je me dis, c’est qu’il faut garder espoir ! Se dire que de toute façon, un monde meilleur arrivera. Ce n’est pas la fin du monde et on s’en relèvera. En attendant, il faut rester proches des amis par téléphone, prendre des nouvelles… Sans oublier de rester chez soi, toujours effectuer les gestes barrières qui repousseront de moins en moins l’échéance. »

 

Merci à Piero et Axel pour ces mots.
N’oubliez par de prendre soin de vous et de vos proches #ForgeronFamily !

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