Inox Express avec Alexandre Hauw

Inox Express avec Alexandre Hauw

(06 mars 2014)

Inox ExpressBerjallien formé à Lyon, passé par la cité des forges avant de s’envoler au Portugal ! Finalement rentré en France dans sa région natale pour s’y reconvertir…
Avant le match de ce week-end contre Bourgoin-Jallieu, Inox Express est allé à la rencontre d’Alex Hauw.

Alexandre Hauw

Inox Express : Bonjour Alex, Tout d’abord, comment vas-tu ?
Alexandre Hauw : Tout va bien pour moi même si cela fait 1 an et demi que j’ai arrêté le foot pour des raisons de santé.

 

La question qui nous vient en tête, c’est que deviens-tu ? Responsable jeune à l’ASSG si j’ai bien compris ?
C’est bien cela, je suis responsable du secteur des jeunes à St Georges d’Esperanche (ASSG – www.assg-football.footeo.com) dans un village de 3500 habitants en Isère.

 

Si l’on refait ton parcours sportif : tu as fait tes classes à Lyon à l’époque où les gones enquillaient les titres. Plutôt une bonne école de formation non ?
En effet, je ne vais pas dire que c’est ce qu’il y a de meilleur mais je pense qu’elle est dans les 3 premières en France. Même aujourd’hui avec un peu moins d’argent, on voit que la formation est toujours aussi bonne.

 

Cependant, tu n’y perces pas et tu es prêté à Rouen puis Clermont. Essentiellement pour avoir du temps de jeu ?
C’est cela. En fait j’avais signé un contrat de 3 ans à l’OL mais à cette époque pour qu’un jeune sorte, il fallait vraiment sortir du lot et être un phénomène.
Après, il fallait faire un choix : rester à Lyon et jouer en CFA ou être prêté en Ligue 2 voir Ligue 1 si on avait l’opportunité. Pour ma part, j’ai pris l’option prêt pour pouvoir progresser.
J’ai donc été prêté 1 an à Rouen mais au bout de 3 mois, je me suis fait les croisés… Saison terminée et j’ai du rentrer à Lyon pour me faire opérer.

Après, j’étais toujours sous contrat avec Lyon et Lyon était toujours au top ! Donc même choix entre la CFA et un prêt. Cette fois, j’ai été prêté 1 an à Clermont-Ferrand. Bon, sportivement c’était un peu en demi-teinte et compliqué au niveau des résultats mais personnellement j’ai apprécié.

Enfin, j’avais encore 1 année de contrat avec l’OL qui n’avait toujours pas changé niveau performances (rires). J’ai eu l’opportunité de signer à Clermont mais Lyon demandait des indemnités. Chose plutôt compliqué pour un club de Ligue 2 même s’ils auraient pu faire l’effort mais bon…

 

Du coup, tu signes à Gueugnon !
Oui, j’ai eu des contacts avec Victor Zvunka qui était en place. Il m’a demandé de venir faire un essai qui s’était plutôt bien passé mais il fallait d’abord que je me libère du contrat avec Lyon. Au final lors des derniers jours du mercato, le 30 août je crois… J’ai eu l’opportunité de signer pour 1 an.

 

Et à Gueugnon : 3 saisons, 8 buts, un match au Parc des princes sous l’ère Zvunka.
Oui tout à fait, match de coupe de France !
Tu connaîtras de bons moments chez nous ? 
En effet ! Sincèrement, j’ai passé 2 bonnes années. La dernière année a été plus compliquée…
On pense notamment à la relégation en 2008…
Oui,  il y a eu la relégation mais dès le départ c’était compliqué.
Il y a eu le changement de coach avec Ravera et le problème c’est que l’on avait perdu énormément de joueurs… A la reprise on n’avait pratiquement pas d’effectif.  On avait repris la première semaine à une douzaine de joueurs dont 3 gardiens… !  Et même si au final les joueurs sont arrivés au compte-goutte, la préparation a été plutôt mal faite et tronquée.

Pour ma part j’avais senti que le début de saison était mal engagé à cause de cette préparation puis on a mal débuté, on n’a pas pris assez de points et le coach a été licencié par la direction. Dupont est arrivé par la suite mais la spirale était tellement négative que malheureusement il est passé ce que s’il devait se passer et pour un club comme Gueugnon, la descente en national c’est ce qu’il pouvait arriver de pire.

Photo : www.onavalista.com/
Photo : www.onavalista.com

Tu es alors parti au Portugal vers Naval et Estoril. Plutôt surprenante comme destination !
En fait, on venait de descendre et comme tous joueurs dans l’effectif d’un club qui descend, c’est plus compliqué de trouver un club. Je me suis donc retrouvé au chômage puis 3 semaines à l’UNFP. En France ça devenait compliqué de trouver un club mis à part en national mais ce n’était pas ma priorité d’aller y jouer.

Naval cherchait un milieu de terrain de mon profil, Romuald Peiser a évoqué mon nom et j’ai eu cette opportunité d’aller au Portugal. J’étais très hésitant au départ car c’est autre chose, c’est à l’étranger.
En arrivant là-bas, j’ai donc retrouvé Romuald, ex-Gueugnon et un autre français qui s’appelait Nicolas Godemèche de Montpellier et qui était déjà là-bas depuis 1 an. J’ai pu m’intégrer plus rapidement grâce à eux et j’ai eu la chance de jouer dans une première division avec des matchs intéressants contre Benfica, Porto, Braga… Des matchs que je n’aurai pas pu découvrir en restant en France.

Au final, je suis resté 3 ans à Naval puis 1 an à Estoril mais après, ma hanche était très très abimée et sincèrement je ne pouvais plus continuer comme ça.

Et les gens là-bas arrivaient à bien prononcer ton nom ?
(rires) Il m’appelait plus souvent Alex que par mon nom.

Plus sérieusement, tes problèmes de hanches ont commencé au Portugal ?
Oui, ça a commencé au Portugal. Dès la première saison où je suis arrivé, au bout de 6 mois même j’ai eu des douleurs. Je suis rentré en France me faire examiner. Les médecins m’ont indiqué que c’était un conflit de hanche. La solution était soit de me faire opérer directement et je ne savais pas si je pouvais rejouer au football à ce niveau là, soit de me faire des infiltrations afin de laisser traîner pour faire durer jusqu’au maximum.
Le maximum, je l’ai atteint lors de ma dernière année à Estoril où j’ai réellement souffert.

 

Et pourtant, tu es rentré en France à Chasselay, a.k.a le club de Giuly, de en plus populaire et qui semble être une sympathique maison de retraite pour les anciens pros !
J’ai signé là-bas en « poussant » encore et après avoir vu le médecin qui m’avait refait une infiltration. Ça a été pendant 3 semaines mais après les douleurs sont revenues de plus en plus fortes. Suite à ça, on a rompu le contrat avec le club afin d’être réglo et de ne pas rester pour ne pas jouer…

Finalement, tu es resté combien de temps là-bas ?
3 mois. Après j’ai rencontré le chirurgien qui m’a dit qu’il fallait faire quelque chose le plus rapidement possible.

 

Comment se passe ta vie au quotidien désormais ?
Je suis en train de passer mes diplômes d’entraîneurs.

Tu serais intéressé par une place sur le banc ?
En effet ! Actuellement je suis souvent à St Gorges pour les jeunes et les entraînements. J’ai vu comment ça se passe à Gueugnon, c’est-à-dire dans les petites villes et les villages. Il y a pas mal de choses à faire et pour ma part, cela m’intéresse d’apprendre de nouvelles choses. Mon but c’est de continuer dans le foot.

Et tu es toujours aussi bon de ton pied gauche ?
(rires) Le pied ne se perd pas. Plus sérieusement, aujourd’hui avec ma prothèse, je pourrais rejouer.
Et tu rejoues du coup ? Pour le plaisir ou autre…
Je rejoue un petit peu ouais mais en faisant attention.

 

Pas trop dur d’être footeux dans une région plutôt orientée vers le rugby ? On pense à la présence de Bourgoin ou Grenoble…
Certes on a peut être moins de moyens dans le foot et ça peut être compliqué face à l’équipe de rugby de Bourgoin qui commence à remonter. Il est vrai aussi que la culture ici est plutôt orientée vers le rugby. Quand on évoque Bourgoin ou Grenoble, on pense plus rapidement aux clubs de rugby…
Mais après, mon village est situé à 2 minutes de Bourgoin mais à 25min de Lyon et 50min de Grenoble ! Au final, le foot est populaire et même dans mon village de 3500 habitants, on compte 3 équipes séniors… c’est plutôt sympa.

Photo www.ouest-france.fr
Photo www.ouest-france.fr

Revenons au FCGueugnon.  As-tu suivi de près ou de loin la suite du FCG ?
Bien sûr j’ai suivi. Tony Vairelles avait repris le club avec sa famille si je ne me trompe pas. J’ai vu pour la liquidation judiciaire et que le club est reparti de zéro.
Tu as été « touché » par le sort tragique de notre club ?
Bien sûr ça fait de la peine ! J’y ai passé quand même 3 saisons et c’est vraiment dommage pour les gens, pour ceux qui travaillaient là-bas et les autres.
J’avais un peu suivi l’époque Vairelles notamment avec la venue à Naval de R. Prévitali avec qui j’avais évoqué la “situation”.

On est donc reparti pendant 2 saisons en DH avant de claquer la montée en CFA2 devant 2200 personnes ! Résultat, on affronte Bourgoin ce samedi à 18h. Tu y seras ?
C’est ce samedi là ? Je pourrais être là oui, avec grand plaisir. Il n’y a Philippe Correia qui coach adjoint de l’équipe ?
En fait, c’est un duo de coach entre Philou, qui jouait avec toi d’ailleurs, et Boni (ndlr: Eric Boniface).
Je ne le connais pas perso mais je vois bien qui c’est.
Désormais, pas mal d’anciens forgerons et d’amoureux du club ont repris les rennes du FCG.
Ce n’est pas plus mal ! A vrai dire quand j’y étais, la direction changeait beaucoup et il y avait pas mal de problème en interne… Ce n’est jamais bon et c’est surtout dommage.
Maintenant, c’est plutôt bien que le club soit remonté en CFA2 et je pense que ce sont les bonnes personnes qui sont en place. Désormais faut remonter petit à petit.

 

Enfin, tradition dans notre rubrique Inox Express, le dernier mot t’appartient. C’est notre tribune libre où tu peux t’exprimer sur ce que tu désires.
Je souhaite tout plein de bonheur à Gueugnon car je pense que cette ville le mérite. Lorsque l’on voit l’engouement en DH avec 2200 personnes, c’est vraiment une ville de foot et j’espère que le club redeviendra le club professionnel qu’il était avant.

 

L’équipe de #TeamForgeron du FCGueugnon tient à remercier Alex Hauw pour sa sympathie, lui souhaite plein de réussite dans sa reconversion et lui donen rendez-vous ce samedi à Bourgoin ! 

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